Essai : Mitsubishi Pajero 2015

Le Mitsubishi Pajero de 4e génération est un vieux monsieur. Fils de bonne famille, il succède à trois aïeux brillants et au palmarès long comme le bras. Douze fois vainqueur du Paris-Dakar, cette légende du rallye-raid voit le jour en 1981 pour sa première version. Alors équipé de suspensions à roues indépendantes, il était proposé avec deux motorisations turbo-diesel disponibles en châssis court ou long. Aujourd’hui, la formule n’a pas beaucoup changé.

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Du caractère

Si la génération aujourd’hui à l’essai date de 2006, le dessin est loin d’être obsolète. Loin des lignes effilées de certains 4×4 actuels, le Mitsubishi Pajero garde un dessin très classique avec un pare-brise droit et de larges surfaces vitrées. Gros avantage en franchissement : la visibilité est irréprochable et permet même de survivre en ville. Si bien-sûr son Cx est proche de celui d’une armoire normande, ses traits sont reconnaissables parmi tous à l’instar de ses camarades Défender et Wrangler. Les évolutions se font par petites touches discrètes qui, au fil du temps, transforment pas mal le Pajero. Ici dans sa version 2015, le Mitsubishi Pajero se voit attribuer quelques éléments qui diffèrent de la version 2014 essayée par Victor il y a peu. Si cela reste discret, le Pajero s’équipe de feux LED diurnes, d’une calandre plus rectiligne, d’un ski en alu apparent et d’un couvre roue de secours. Anecdotique ? Pas tout à fait, ces petits éléments tirent le Pajero vers les usages stylistiques actuels et le modernisent un peu plus.

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Un peu sobre

Bien sûr, dans le monde des franchisseurs, l’accent est plus mis sur la capacité des ponts à se croiser que sur l’intérieur. Ici dans sa version Instyle (comprenez haut-de-gamme), le Pajero souffre d’un intérieur qui, lui, semble ne pas avoir bougé depuis 2006. Si désormais le port USB équipe toutes les finitions, l’ensemble est un peu austère. Tout de même accueillant, il possède un système multimédia fonctionnel bien qu’un peu complexe et un large toit-ouvrant qui permet de profiter largement de l’environnement extérieur. Disponible avec des 6e et 7e places dans le coffre, le Pajero brille tout de même par une habitabilité généreuse, beaucoup d’espace, beaucoup de rangements, de larges fauteuils et un coffre si grand qu’on s’y perdrait. Beaucoup de plastiques toujours, mais qui (à l’exception du Range Rover à partir de 92.000€) oserait équiper de bois nobles et de fine fleur de cuir un intérieur destiné à subir les pires traitements ? Le Mitsubishi Pajero ne fait pas dans la dentelle sans pour autant être invivable, mis à part des soutiens lombaires trop hauts et les parties creuses de la carrosserie un peu trop raisonnantes, le Mitsubishi Pajero propose des prestations plus qu’honorables par rapport à son âge et sa destinée. Ses feux de routes automatiques, sa caméra et ses radars de recul finiront de me convaincre.

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Oh oui !

Pas sûr que la réputation du Mitsubishi Pajero en matière de franchissement soit vraiment encore à faire. Redoutable, il permet des prises de dévers incroyables (~45°) et ses petits porte-à-faux lui confèrent un angle d’attaque de 38.6° et de sortie de 34.3°. Si l’angle ventral de 24.1° n’est pas le plus élevé du marché, il n’a pas à rougir. D’autant que ses capacités de tractions sont brillantes (3.5T). Son habitabilité précédemment évoquée, font du Pajero un 4×4 agréable sur autoroute avec une direction bien équilibrée qui annihile l’effet de roulis qu’un tel gabarit peut avoir. On regrette, au passage à la pompe, que le Pajero soit équipé d’une BVA-5. Approchant les 14L/100km sur voies rapides. Son réservoir généreux de 88L limitera toutefois le nombre d’arrêts nécessaires. Équipé d’un différentiel central, d’une boite courte et d’un blocage de différentiel arrière, le Mitsubishi se moque de beaucoup d’obstacles avec une puissance et un couple disponible relativement tôt. Il passe donc sans forcer tout en usant de sa bonne motricité. Mention spéciale pour le sable – terrain toujours délicat et où ses 2.310kg à vide pourraient être un obstacle – où le Mitsubishi Pajero se passe même de blocage, permet de belles glissades toujours aussi amusantes et se targue d’aller vite.

En définitive, le Mitsubishi Pajero est très attachant. Il a tout pour emmener ses occupants dans n’importe quel recoin du monde avec générosité et savoir-faire. On aurait presqu’envie qu’il n’évolue plus et qu’il garde cette maturité qui lui va si bien.

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